02 mai 2019
Venezuela : coup d’Etat encore raté pour Juan Guaido

Au Venezuela, l’opposant au président élu Nicola Maduro a tenté sa chance en fomentant un putsch pour le mercredi 1er mai. Dès mardi matin, les équipes Guaido ont diffusé une vidéo montrant leur leader accompagné d’une trentaine de gardes nationaux devant une base aérienne du centre de la capitale Caracas donnant le coup d’envoi de l’opération liberté. Un coup de bluff qui fait pshitt et au cours duquel l’opposant a affirmé que l’Etat ne bénéficiait plus du soutien ni du respect des forces armées ni de celui du peuple.
Celui qui s’apparente clairement à un homme de paille des Etats-Unis était accompagné pour ce petit coup de com’ de Leopoldo Lopez, profil similaire de celui de Guaido et qui était le plan 1 étasunien pour renverser l’Etat vénézuélien déjà en 2008. Ce dernier a par ailleurs été condamné pour sédition et corruption.
Un Putsch raté
Une mise en scène ratée et surtout un putsch qui n’aboutit pas mais qui a été l’occasion de voir des dissensions au cœur du pouvoir avec des changement à quelques postes clés témoignant d’une certaine fragilité dans les équipes Maduro. Le président en place a tenu à féliciter l’attitude de l’armée après la tentative échouée de coup d’Etat afin de resserrer les rangs alors que certains proches de l'homme fort du Venezuela auraient déjà commencé à envisager un après-Maduro. Le président en place a d’ailleurs expliqué la machination qui a mené au coup de force de Guaido et qui reposerait sur des dérives de certains officiers ayant trompé leurs troupes… dans un conflit où tous les coups sont permis, les manipulations sont en effet probables de part et d’autre et entraînent une confusion générale.
Une confusion entretenue par le monsieur Guerre de l’administration étasunienne, le secrétaire d’Etat Mike Pompéo qui a affirmé lundi qu’un avion devait emmener Maduro en exil à Cuba mais que l’opération aurait été annulé par les autorités russes.
Côté opposition, l’omniprésence de Guaido dans les médias ne doit pas faire oublier qu’il est loin d’être le seul à briguer la place de Maduro. Ainsi le meneur du plus grand parti d’opposition Julio Borges de Primero Justicia, en exil en Colombie à Bogota s’activent pour provoquer de nouvelles élections.
Une double démonstration de force
Le 1er mai aura été l’occasion pour le président Maduro de montrer l’importance de ses soutiens avec à la clé une manifestation massive qui démonte un peu l’image d’un chef d’Etat parfois présenter comme isolé.
Côté Guaido, on a aussi montré les muscles, avec une manifestation d’importance… des manifestations de soutiens dans les deux camps mais aussi de violents affrontements en opposition au président élu… mais pas forcément en total soutien à Juan Guaido, dont l’image est écorné : l’homme de Washington est en effet pointé du doigt pour son absence totale de scrupule à affamer la population et à mettre le pays dans le chaos pour arriver à bout de son adversaire mais aussi pour sa vassalité vis à vis du voisin nord-américain. Un encombrant voisin qui a une nouvelle fois affirmé via Mike Pompéo qu’une opération militaire était envisageable.
La crise se poursuit donc au Venezuela, une véritable partie de poker menteur incluant des acteurs intérieurs et extérieurs variés… dont l’issue est plus que jamais incertaine.