11 juillet 2019
Vincent Lambert : la fin d’un sinistre calvaire sur fond d'acharnement étatique

Vincent Lambert est décédé ce matin. Après un feuilleton macabre de près de 10 ans, cet homme de 42 ans a vu son destin bouleversé une première fois par un accident de la route, puis par l’acharnement étatique à vouloir l’éliminer. Une sinistre affaire qui ouvre la voie à l’euthanasie.
Depuis le 2 juillet dernier son médecin avait engagé un arrêt des soins… une décision prise après que la Cour de cassation ait rendu cela possible quelques jours plus tôt. La plus haute juridiction de l’ordre judiciaire français avait été saisie par… l’Etat !
Un Etat à la tête duquel la majorité En Marche entend coûte que coûte faire passer un texte sur l’euthanasie et qui s’est jeté sur l’occasion, son ministre de la santé, Agnès Buzyn, en tête, pour favoriser la mise à mort, lente, du patient Lambert.
Ce dernier épisode judiciaire fait suite à une multitude de rebondissements, avec toujours en toile de fonds une récupération politique et une indécence toute contemporaine… menant notamment tout un chacun pour ou contre l’euthanasie à commenter cette histoire complexe publiquement sur les réseaux sociaux. Aux badauds qui donnent leur avis s’ajoutera pendant 10 ans l’ordure médiatique déversée sur la famille Lambert… à ce petit jeu, Le Figaro n’a pas hésité à accuser ce jeudi, jour de la mort du patient Vincent Lambert, ses parents d’un hypothétique intégrisme catholique.
Des médias très largement venus en appui à une majorité politique qui aura su instrumentaliser cette affaire familiale pour présenter avant la fin de l’année son texte en faveur de l’euthanasie. Une démarche dans laquelle les pouvoirs publics ont pu compter sur le soutien d’un petit maillage associatif dans lequel on retrouve l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) qui s’est jeté sur l’occasion pour commenter aux aurores jeudi ce décès.
La suite de cette « affaire Vincent Lambert » paraît toute tracée : un dépôt de texte de loi à l’Assemblée Nationale par la majorité en faveur de l’euthanasie, en précisant évidemment que ce texte évitera de revivre une telle affaire… un débat médiatique confisqué et le vote d’un texte qui permettra à l’Etat d’avoir encore un peu plus de prise sur la vie des citoyens.
Côté opposition, le Rassemblement National et une partie des Républicains devraient dans un premier temps s’opposer à une telle législation… une fois la loi votée, tout ce petit personnel politique attendra quelques années ou quelques mois pour dire qu’il s’agit d’un acquis, qu’il convient donc de maintenir, comme cela a été le cas avec d’autres sujets de société et tout récemment avec la marche arrière du parti RN sur la question du mariage homosexuel. L’opposition à l’euthanasie deviendra ainsi marginale comme l’opposition à l’avortement en son temps. Le même cheminement vers un abandon du combat pour la vie sera d’ailleurs sans aucun doute observable dans une certaine partie de l’Eglise catholique.
Le reniement annoncé des forces institutionnelles semble inévitable et permettra à chacun de tirer les conclusions quant à ces structures. De la même manière chacun pourra repenser son rapport à l’Etat comme outil politique, un Etat dont la puissance diminue toujours plus face aux multinationales et qui parallèlement est toujours plus fort devant les citoyens et tout particulièrement les plus faibles.