31 août 2022
Zaporojié : Russie et Ukraine s'accusent mutuellement des bombardements autour du site nucléaire avant la visite de l'Agence internationale de l'énergie atomique

«Le 30 août, le régime de Kiev a poursuivi ses provocations visant à perturber le travail de la mission de l’AIEA et à créer une menace de catastrophe technologique à la centrale nucléaire de Zaporojié», affirme la Défense russe dans un communiqué publié ce 31 août. Le texte annonce que lors de ces bombardements, un obus «a touché le bâtiment du complexe de recyclage de déchets radioactifs solides».
Les tirs auraient été selon cette version effectués depuis la ville de Nikopol, sous contrôle ukrainien, qui se trouve de l'autre côté du Dniepr, très large à cet endroit en raison de la présence d'un réservoir artificiel dans le lit du fleuve. Selon le ministère de la Défense il n'y a pas eu de fuite de matériaux radioactifs.
Les autorités ukrainiennes ont accusé le même jour la Russie d'avoir bombardé la ville d'Energodar où se trouve la centrale – en d'autres termes donc, de bombarder leurs propres positions. «L'armée russe bombarde Energodar», a déclaré sur Telegram Ievguen Ievtouchenko, chef de l'administration de Nikopol. «La situation avec ces provocations est dangereuse», a-t-il ajouté. La diplomatie ukrainienne, dont les propos sont rapportés par l'AFP, a par ailleurs accusé Moscou de frappes sur les couloirs empruntés par la délégation de l’AIEA visant selon Kiev à «entraver» les activités de l'organisation.
Dmytro Orlov, maire pro-Kiev d'Energodar en exil, a quant à lui accusé Moscou de ces bombardements afin de rejeter ensuite la responsabilité de la situation sur l'armée ukrainienne.
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Depuis plusieurs semaines, la Russie et l'Ukraine s'accusent mutuellement d'être responsable de bombardements sur le site de la plus grand centrale nucléaire d'Europe, contrôlée par la Russie depuis les premiers jours de son offensive en Ukraine. Kiev accuse Moscou d'en avoir fait une base de tirs, tandis que la Russie précise n'avoir déployé sur place que du personnel chargé de sécuriser le site. Le déploiement d'une mission de l'AIEA sur les lieux avait été évoqué par Vladimir Poutine et Emmanuel Macron au cours d'un entretien téléphonique le 19 août, les deux chefs d'Etat s'étant alors entendus sur l'importance d'envoyer une mission de l'AIEA «dans les plus brefs délais».